Valorisation d’une chasse régulée

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Depuis sa création par un couple amoureux du monde sauvage, La Fondation François Sommer s’est toujours engagée à défendre une chasse raisonnée et éthique. Le pôle Nature œuvre depuis de nombreuses années pour la sauvegarde des espèces sauvages en France et en Afrique. Grâce au Musée de la Chasse et le Nature qui accueille de nombreux visiteurs chaque année, et à l’investissement du Club pour la défense de l’art cynégétique, notre institution reste ouverte sur le monde. Pourtant, ce dernier ne cesse d’évoluer : confrontés à une société en pleine mutation et à l’évolution des rapports entre l’homme et l’animal, les défenseurs de la chasse rationnelle doivent mener une vraie réflexion quant à l’avenir de cette pratique. Dans l’intérêt général, la Fondation s’est logiquement donnée pour mission d’interroger les liens étroits entre la chasse, la nature et la société à l’horizon 2040. Afin de mener un véritable travail prospectif, nous avons souhaité analyser ses enjeux à travers une étude approfondie en donnant la parole à des experts aux avis parfois contradictoires. Le but étant de comprendre et d’anticiper les évènements, il est essentiel d’ouvrir le débat afin d’envisager des lendemains heureux. Outre une volonté d’être utile, cette réflexion est aussi l’occasion de rencontrer différents acteurs afin d’ouvrir un dialogue apaisé et constructif.

Déjà en 1964, François et Jacqueline Sommer défendaient une chasse raisonnée. Aujourd’hui, l’ambition première de la Fondation demeure identique : valoriser une chasse régulée et promouvoir le concept de chasse-gestion. Face à des dérives insoutenables comme le braconnage industriel et la chasse intensive, la Fondation milite pour une pratique respectueuse où l’homme et la nature sont en harmonie. Le chasseur doit ainsi prendre conscience de son impact sur l’environnement : chaque prélèvement se fait dans le respect de l’animal, de son habitat et de la flore environnante. Précieuses, les merveilles de la nature sont un bien qu’il nous faut protéger un peu plus chaque jour.

Intrinsèquement liées, la chasse et l’écologie ont connu des changements depuis le milieu des années 60

Le principe de la chasse-gestion s’est développé au fil des décennies et les milieux cynégétiques sont de plus en plus sensibles à la notion de biodiversité et de développement durable. Mais il reste essentiel, aujourd’hui encore, de valoriser une chasse éthique soumise à un code moral. Apparue depuis quelques années, la notion de développement durable doit également être au cœur des réflexions afin de légitimer une activité qui souffre encore d’une image déformée. Nous devons faire preuve de clairvoyance et prolonger les ambitions de François Sommer en développant la gestion des espaces verts en harmonie avec l’Homme. La diffusion des bonnes pratiques entre les générations est également essentielle pour améliorer le partage des connaissances, et aider à la conservation des espèces. Il est aussi primordial de favoriser le dialogue et la synergie entre tous les acteurs. L’avenir de la planète est un sujet sérieux qu’il faut prendre à bras le corps. Par son ouverture à la nouvelle génération, la Fondation souhaite sensibiliser les acteurs de demain. Chacun est invité à prendre conscience de son appartenance à la communauté du vivant. Nous en sommes certains, l’avenir de la chasse passe inévitablement par une gestion minutieuse et exemplaire des écosystèmes.

Les valeurs humanistes défendues par François et Jacqueline Sommer demeurent le socle de notre engagement :

Les activités humaines ne doivent pas entraver le développement de la biodiversité. La faune sauvage ne doit pas être perturbée sans raison, et les animaux ne doivent pas être l’objet de violence gratuite. Bien plus qu’un sportif aguerri, le chasseur est un maillon dans la régulation des espèces. Les chasseurs sont conscients que la nature est un bien universel dont chacun peut jouir. La notion de partage de l’espace entre l’Homme et l’animal, ainsi qu’entre les différents défenseurs de l’écologie est essentielle pour inscrire la chasse dans le monde moderne. C’est d’ailleurs dans cette perspective d’apaisement que la Fondation encourage les travaux de réflexion et l’observation des animaux sauvages afin de déterminer avec précision des plans de gestion adaptés : la migration, les déplacements spatiaux et la distribution temporelle sont étudiés afin d’établir des bases de données permettant de prendre des décisions en corrélation avec la pérennité des écosystèmes.

Des défis majeurs à l’horizon 2040

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Ce nouveau siècle augure de nouveaux défis pour les passionnés de chasse et de nature que nous sommes. Face à ces enjeux majeurs, la Fondation François Sommer souhaite anticiper et agir sur le long terme plutôt que laisser la primauté à l’immédiateté. Ainsi, grâce une étude prospective, nous tentons d’analyser et de mettre en perspective trois thèmes essentiels : les milieux et écosystèmes naturels, l’évolution des modes de vie, l’évolution des rapports entre l’Homme et l’animal.

Depuis 25 ans, des profonds changements ont bouleversé les milieux et les écosystèmes naturels

On constate notamment que les prairies permanentes se font plus rares. En 40 ans, le territoire français a perdu plus de 4 millions d’hectares de prairies permanentes. Ce chiffre est d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que ces espaces sont essentiels à notre écosystème. A l’inverse, la forêt semble progresser depuis quelques années, mais dans un même temps, les terres agricoles diminuent au profit de l’artificialisation continue des sols. De nombreuses communes rurales sont aujourd’hui touchées par cette « consommation d’espace ». Qu’il s’agisse d’habitations individuelles ou de réseaux routiers, cette extension du modèle urbain tend à détruire les habitats naturels. Au regard de cette modification du territoire, quelles seront les conséquences sur la biodiversité ? Les grands ondulés, la petite faune et la sauvagine auront-ils toujours les ressources nécessaires pour s’épanouir sur notre territoire ? Déjà, on constate une chute préoccupante des effectifs de la petite faune : les lapins de garenne se font de plus en plus rares. Ces changements des milieux auront inexorablement un impact sur l’avenir des espèces sauvages, mais aussi sur le monde végétal.

Si l’occupation de l’espace a évolué ces 20 dernières années, qu’en sera-t-il des 20 prochaines ?

Les bouleversements auxquels nous avons assisté depuis un demi-siècle sont en grande partie dus à l’évolution des modes de vie. L’urbanisation croissante des espaces ainsi que le développement des zones urbaines et péri-urbaines participent à la modification du territoire. Les exploitations agricoles familiales diminuent pour laisser la place à des entreprises plus grandes. En 25 ans, la France a perdu plus de la moitié de ses exploitations agricoles au profit d’un nouveau modèle plus productif. Et dans un même temps, les Français sont de plus en plus friands de nouvelles activités en pleine nature : les randonnées ont le vent en poupe, tandis que de plus en plus de sportifs se lancent dans des courses de trail. Véritable phénomène social, ces loisirs obligent à repenser le partage de l’espace naturel, et son occupation. Parviendra-t-on à concilier des activités en plein air et l’extension urbaine avec les écosystèmes et les espaces naturels ? A l’aube de 2040, quels seront les impacts de l’agriculture intensive sur la biodiversité et le monde animal sauvage ?

Parallèlement à cette envie de renouer avec les grands espaces, les rapports entre l’Homme et l’animal sont en train d’évoluer

Un courant nouveau semble remettre en question les attitudes et les comportements vis-à-vis du monde animal. Une partie de la société civile questionne les activités en relation avec les animaux : l’élevage, l’alimentation, ou encore la domestication sont au cœur d’un débat de plus en plus vif. La question animale prend une place de plus en plus grande dans la politique humaine. Certains militent pour que la sensibilité des animaux soit reconnue juridiquement, demandant dans un même temps de cesser leur exploitation. D’autres souhaitent interdire les animaux sauvages dans les zoos et les parcs, et remettent en question notre rapport au bien-être animal. Quelle sera alors la relation entre le chasseur, le chien et l’animal sauvage ? Les années à venir verront-elles s’exacerber la confrontation entre des mouvements irréconciliables ?

2040 est une date lointaine et pourtant très proche.

Dans ce court laps de temps, quel sera l’avenir de la chasse ? Aura-t-on trouvé des solutions pour assurer les équilibres agro-sylvo-cynégétiques aujourd’hui compromis dans certains secteurs ? Parviendra-t-on à protéger un écosystème fragile en favorisant les approches locales ? Face à une probable diminution de la pratique de la chasse, comment va-t-on parvenir à gérer les écosystèmes ? Et la population des espèces sauvages, parviendra-t-on à la réguler à moyen et long termes ? Va-t-on connaître une France à deux vitesses, avec des territoires délaissés et des zones urbaines toujours plus grandes ? Et comment les nouvelles générations vont-elles envisager les aspects patrimoniaux et culturels de la chasse ?

Face à toutes ces interrogations, un travail prospectif est plus que nécessaire afin de redonner une place centrale aux animaux et au monde sauvage. La Fondation François Sommer souhaite mettre à disposition des travaux d’analyse, organiser des tables rondes, et évoquer courant 2018 des scénarios possibles. Un livre blanc sera également édité afin de développer toutes ces thématiques.