François et Jacqueline Sommer, des fondateurs amoureux des animaux sauvages

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Chasseur aguerri et fervent défenseur de la nature depuis son plus jeune âge, François Sommer crée en 1964 avec sa femme Jacqueline la « Maison de la Chasse et de la Nature ». Reconnue d’utilité publique deux ans plus tard et rebaptisée ensuite La Fondation François Sommer, cette institution devient rapidement un lieu d’échange où se côtoient amoureux de la nature et passionnés de vénerie.

Avant de s’engager activement dans la préservation de la biodiversité et de la chasse raisonnée, François Sommer s’illustre par son caractère aventureux. Il part découvrir les terres africaines dès les années trente avant de mettre ses aptitudes d’aviateur au profit des Forces aériennes françaises libres au cours de la Seconde Guerre Mondiale. A la fin du conflit, il retourne dans ses Ardennes natales afin de reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Mais l’appel des grands espaces le pousse à repartir rapidement en Afrique. Là-bas, il prend conscience des méfaits de la chasse intensive et meurtrière. Dès lors, il œuvre pour protéger la faune sauvage et s’engage à valoriser une chasse respectueuse et consciente de son implication dans la biodiversité.

Avec sa femme Jacqueline, François Sommer partage le même goût pour la nature. Ce couple moderne inaugure ainsi la Fondation François Sommer dans un superbe hôtel particulier au cœur du Marais. C’est grâce à leur amitié avec l’illustre écrivain et voyageur André Malraux que la Fondation prend ses quartiers dans l’Hôtel de Guénégaud. Au centre de Paris et des mondanités, François Sommer n’en oublie pas pour autant la vocation première de son institution : valoriser une pratique de la chasse soucieuse du respect de la nature et de la faune sauvage. Dans l’immense parc ardennais de Belval, il crée une réserve unique en France en réintroduisant et acclimatant de nombreux animaux sauvages. Avec ses grandes forêts, ses clairières, ses prairies et ses nombreux étangs, ce domaine devient un musée vivant où les animaux sauvages sont protégés de toute tentative de braconnage. Cerfs, chevreuils, daims et mouflons trouvent ici un espace suffisamment grand pour se reproduire.

Le Musée de la Chasse et de la Nature

Parallèlement à leurs ambitions écologistes, François et Jacqueline Sommer souhaitent promouvoir un certain art de vivre à la française, et mettre en valeur cette activité immémoriale qu’est devenue la chasse. Le Musée de la Chasse et de la Nature voit donc le jour en 1967. Dans les salles feutrées de l’Hôtel de Mongelas, à quelques mètres de l’Hôtel de Guénégaud, les œuvres d’art et les objets collectionnés par le couple trouvent ici un superbe écrin : instruments de chasse, trophées, tableaux, sculptures et armes anciennes illustrent l’universalité de l’art cynégétique. La valorisation de ce patrimoine précieux trouve des échos dans d’autres musées hexagonaux. Certaines pièces exceptionnelles viennent en effet du musée du Louvre, du musée de l’Armée ou encore de la Manufacture nationale de Sèvres.

Le Club de la Maison de la Chasse et de la Nature

Pratique culturelle par excellence, la chasse est ainsi évoquée dans sa globalité à travers la Fondation et les différentes structures qui composent cette dernière. Outre, un musée et un parc, François Sommer imagine son institution comme un lieu de partage et d’échange entre les générations et les cultures. Avec une trentaine de compagnons chasseurs, il forme le Club de la Maison de la Chasse et de la Nature dès 1966. Venant du monde politique ou des affaires, ces membres prennent rapidement la mesure d’un tel projet : diffuser des valeurs humanistes et démocratiser l’amour de la nature. Aujourd’hui, Le Club continue de rassembler des passionnés venus de divers horizons. « Chasseur sportif indiscutable ou véritable ami de la nature », chacun s’applique à respecter l’environnement et à promouvoir l’art cynégétique dans sa pluralité.

 

L’école du domaine de Belval

Après 50 ans d’existence, la Fondation François Sommer est reconnue au-delà des frontières pour son engagement dans la défense de la nature. Selon le souhait de son fondateur, elle perpétue des valeurs de respect tout en plaçant l’intérêt général au centre des débats : conscient des enjeux environnementaux, le chasseur appartient à la communauté du vivant. Prônant des valeurs simples mais essentielles, la Fondation met également un point d’honneur à transmettre à la jeune génération ces connaissances cynégétiques et ces règles éthiques. Grâce à l’école du domaine de Belval, des formations sont dispensées tout au long de l’année. Situé également dans le parc naturel, l’Observatoire de la ruralité et de la vie sauvage accueille régulièrement des artistes afin de proposer un regard contemporain sur cette pratique ancestrale. Ainsi, de la gestion de territoires forestiers aux métiers de la chasse, en passant par la recherche scientifique et l’expression artistique, la Fondation promeut une chasse raisonnée et ouverte sur le monde à travers de nombreuses manifestations, au domaine de Belval et ailleurs.

Une fondation au service de l’intérêt général

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Lorsque François Sommer et son épouse créent la Fondation dans les années soixante, ils prennent clairement position pour une chasse raisonnée et raisonnable, bien loin de l’image caricaturale du chasseur insouciant. Conscients des responsabilités qu’ils doivent assumer envers les générations futures afin de préserver un équilibre naturel, le couple entend faire valoir la légitimité de la chasse dans la nature, mais aussi avec la nature et pour la nature. Ce leitmotiv demeure inchangé : aujourd’hui encore la Fondation François Sommer défend une vision humaniste de la chasse tournée vers l’avenir.

Une chasse respectueuse de la nature

Pratiquée depuis des siècles, la chasse sportive est confrontée à de nouveaux enjeux. Entre tradition et modernité, elle doit trouver le juste équilibre afin de garantir sa continuité, tout en protégeant un équilibre naturel bien fragile. Les idées de François Sommer, écologiste avant l’heure, continuent donc d’influer sur les actions menées par notre institution. Au côté des nombreux organismes voués à défendre les intérêts de la chasse, la Fondation propose une approche originale en élargissant le champ de la réflexion et en s’efforçant de prendre du recul : dans un souci d’apaisement, il est primordial d’inclure cette pratique ancestrale dans notre monde contemporain complexe et tourmenté. Oui, la chasse peut rimer avec biodiversité. Oui, il est possible de protéger l’environnement tout en pratiquant une chasse sensible et mature. Comme le recommandait déjà François Sommer, la chasse n’est pas une fin en soi. Elle est surtout un outil de gestion pour réguler la faune sauvage tout en garantissant sa perpétuité. Le chasseur a un devoir de préservation sur les espèces sauvages et sur les espaces naturels. Plus que jamais, il est primordial de développer ici et ailleurs une chasse rationnelle afin d’assurer la pérennité de la biodiversité. Mais au-delà de la promotion d’une activité sportive raisonnable, la Fondation met également tout en œuvre pour lutter contre la destruction des milieux de vie naturels. Les forêts, la faune, la flore et les habitats doivent être préservés. Il en va de la survie du monde animal, et par conséquent de notre existence.

Afin de servir cette vision moderne de la chasse, la Fondation François Sommer mène de nombreuses actions depuis le Marais, jusqu’au domaine de Belval, en passant par l’organisation et le soutien de nombreux évènements hors les murs. Pour sensibiliser la nouvelle génération, le parc naturel de Belval organise tout au long de l’année des stages afin de sensibiliser et de former les jeunes chasseurs. Espace préservé de toute pratique intensive, ce domaine est aussi pensé comme un lieu d’apprentissage et de réflexion où chacun se nourrit des expériences des autres : depuis toujours, la Fondation encourage l’échange et le débat avec tous les acteurs sensibilisés à la cause animale, même avec des opposants habités par des idéologies incompatibles avec elle.

La culture cynégétique

C’est d’ailleurs dans ce mouvement d’ouverture que le Club de la Chasse et de la Nature a été pensé par François Sommer. Aujourd’hui, ce cercle privé compte 850 membres passionnés par l’art cynégétique. Ces derniers sont encouragés à pratiquer une chasse éthique et durable dans le respect des valeurs morales défendues par le couple Sommer. Le Club souhaite ainsi perpétuer la vision progressiste chère aux fondateurs et militer ardemment pour la défense de la culture cynégétique. Des colloques, des réunions et des cours sont proposés régulièrement afin de déjouer les idées reçues et de favoriser l’ouverture d’esprit. Des universitaires et des spécialistes sont invités régulièrement dans l’auditorium de l’Hôtel de Guénégaud afin de partager leur savoir.

A l’étranger, le Club entretient également des liens étroits avec d’autres cercles réputés, dont le Caledonian Club à Londres ou le Jockey club de Buenos Aires. Véritable réseau inter-cercle et inter-générationnel, le Club défend également des valeurs esthétiques : l’art de vivre à la Française, le patrimoine vivant et les arts plastiques sont régulièrement mis à l’honneur. Outre la passation des bonnes pratiques, l’art de vivre à la française et la gastronomie sont valorisés. Dans les salons feutrés du Marais, des réceptions sont organisées autour de la gastronomie avec de grands chefs étoilés afin de revisiter la viande de gibier. Le Musée de la Chasse et de la Nature développe également une programmation culturelle pointue. Il organise des expositions temporaires plusieurs fois par an mettant sur le devant de la scène une nouvelle génération de créateurs : c’est l’occasion de repenser le rapport entre l’homme et l’animal à travers le regard de jeunes artistes. A travers toutes ces structures, la Fondation soutient ainsi la création contemporaine, et encourage la conservation du patrimoine architectural et artistique en rapport avec la chasse.